Le troisième, plutôt introspectif, prend la forme du journal d’un homme, en pension dans une triste station de bord de mer… A chaque fois, cela évoque un auteur de référence ou un genre que Calvino s’amuse à pasticher, sautant allègrement du conte érotique japonais au récit révolutionnaire soviétique. Publié par LaClaire Les Nuits de laitue de Vanessa Barbara Jeu blanc, de Richard Wagamese En très peu de phrases, Calvino parvient à nous faire entrer dans une atmosphère particulière. L’enjeu de l’analyse est donc de trouver quelles contraintes s’est fixé Italo Calvino pour la rédaction du roman.La plus évidente est sa structure particulière, constituée d’un méta-roman et de dix commencements de romans (ou incipits).
Même si on ne reconnait pas toutes ses sources d’inspiration, l’habileté de Calvino entraine ses lecteurs dans différents contextes géographiques et temporels.Mais par-delà les pastiches, le méta-roman est une réflexion sur la lecture, l’écriture, donnant la parole à tous les acteurs de la chaine du livre. Grâce à la structuration forte induite par les contraintes oulipiennes, il se permet de dépasser le cadre classique et d’atteindre son but en conservant une forme romanesque. Un lecteur des amazones qualifiait « si par une nuit d’hiver un voyageur » de brillant exercice de style, je suis tout à fait d’accord, c’est exactement ça. C’est en tous cas ainsi que je l’ai perçu.Puis, le récit débute dans le chapitre suivant : dans une gare morose, le narrateur a raté un rendez-vous important à cause d’un train en retard. Paru en 1979, « Si par une nuit d’hiver un voyageur » est influencé par l’Oulipo et ses principes d’écriture avec contraintes. Le chiffre de l'alchimiste, de Philip Kerr demande-t-il, impatient d’entendre le récit.»Mais d’autres contraintes sont présentes, bien que moins évidentes. De la contrainte nait la liberté d’expression. Abonnez-vous pour être averti des nouveaux articles publiés. L’histoire du Lecteur s’immisce entre les différents « chapitres I » pour constituer un méta-roman dont le sujet est la lecture, le livre, et tous ceux qui gravitent autour. (…) Ce par où l’étreinte et la lecture se ressemblent le plus, c’est ceci : en elles s’ouvrent des espaces et des temps différents de l’espace et du temps mesurables. Cela devient compliqué…En effet, le livre de Calvino est construit comme une alternance de chapitres qui sont les débuts de dix romans très différents. Ainsi le roman est une alternance de chapitres consacrés à ces incipit (de genre et de style différents) et de chapitres dédiés au voyage initiatique du Lecteur.Un roman sur les romans, un roman sur la dualité écriture/lecture où la frontière entre personnage, auteur, lecteur et narrateur est on ne peut plus floue. La commode aux tiroirs de couleur d'Oliva Ruiz Il rejoint l’Oulipo en 1972, après avoir traduit en 1967 « Les fleurs bleues » de Raymond Queneau. Tu demeures toujours l’un des tu possibles. En employant le « tu », Calvino ne nomme pas son personnage principal. »lorsque découverte charnelle et lecture se mêlent :« A la différence de la lecture des pages écrites, la lecture que les amants font de leur corps (de ce concentré d’esprit et de corps dont les amants font usage pour aller au lit ensemble) n’est pas linéaire. CALVINO (Italo), Si par une nuit d’hiver un voyageur, [Se una notte d’inverno un viaggiatore], traduit de l’italien par Danièle Sallenave et François Wahl, préface par Paul Fournel, [Paris], Seuil, coll. Nous allons étudier l'Incipit de « Si par une nuit d'hiver un voyageur » de Calvino. En effet, il y a beaucoup de points communs entre « Si par une nuit d’hiver un voyageur » et « Le livre de Mille et Une Nuits ». Qui oserait te condamner à la perte du tu, catastrophe non moins terrible que la perte du moi ? Calvino a beaucoup écrit pour expliquer son roman, après sa publication. L'année du lion, de Deon Meyer Le premier roman d’espionnage est campé grâce à l’ambiance d’une gare de province, un soir pluvieux. L’identification au Lecteur est donc plus facile pour le lecteur … et la lectrice, comme moi, peut se reconnaitre dans Ludmilla, qui, elle, est nommée puisqu’elle est une « troisième personne ».Chacun des débuts de roman glissés dans le livre possède son propre genre et son propre style. Elle commence à un endroit quelconque, saute, se répète, revient en arrière, insiste, se ramifie en messages simultanés et divergents, converge de nouveau, affronte des moments d’ennui, tourne la page, retrouve le fil, se perd.
Si par une nuit d'hiver un voyageur d'Italo Calvino Tu t’apprêtes à lire un résumé et l'avis d’un livre d’Italo Calvino.
Je les apprécie tous les 2. Ainsi, le « je » de narration est à la fois le personnage de l’intrigue, mais aussi la projection du lecteur dans le personnage, et celle de l’auteur au moment de l’écriture… Dans le méta-roman, « tu » est le Lecteur ; mais dans le chapitre VII, « tu » devient temporairement Ludmilla, la Lectrice, que le Lecteur a rencontrée lors de ses aventures romanesques à la recherche des suites perdues. Des personnages rencontrés au bar sont mis en scène ; il y a un début de suspens. Il a utilisé une trame commune à toutes les intrigues : « dans un récit à la première personne, un personnage masculin se retrouve obligé d’assumer un rôle qui n’est pas le sien, dans une situation où l’attraction exercée par un personnage féminin et la menace obscure venue d’une collectivité d’ennemis pèsent toujours davantage sur lui. Cependant, il n’est pas l’inventeur de cette forme. C'est un auteur italien du XXème siècle né à Santiago en 1923. » Ce canevas s’applique aussi bien aux dix romans embryonnaires qu’au méta-roman.Enfin, le style et le genre de chaque incipit répondent à la demande exprimée par la Lectrice dans le chapitre qui le précède. Les membres de l’Ouvroir de Littérature Potentielle ont pour règle de se fixer une ou plusieurs contraintes formelles d’écriture afin de stimuler leur créativité et leur imagination.