On en a beaucoup parlé avec Tony qui m’a rassuré et avec mon tempérament de fonceuse, j’y suis allée. Si je peux contribuer à ce changement, ce serait une fierté.Peut-être que ça passe aussi par le fait d’accepter de nouveaux défis comme mon rôle de directrice adjointe du Tour de Provence. Il en a profité pour retrouver sa femme Marion Rousse, consultante dans l'émission animée par Laurent Luyat. Même lui trouvait ça normal de perdre « contre Marion ».À cette époque j’avais des idoles, mais plutôt masculines, des sprinteurs comme Robbie McEwen ou plus tard Tom Boonen.
J'aime aller au contact des gens et je parle facilement. Ce qui m'aide aussi pour la télé.Parfois, quand il est moins bien, je suis son éponge car je sais les doutes qu'il peut traverser. À chaque fois qu'on croise l'un d'entre nous, on lui demande des nouvelles de l'autre. C’était déplaisant, mais finalement il a aussi vécu la même chose que moi et nous n’avons pas de problèmes là-dessus. Je me laisse porter par mes envies. Il m’a alors prévenu que je n’allais pas faire des courses tous les week-ends et pourtant il est devenu mon plus grand supporter au fil des années.Même si j’étais la seule fille sur la ligne de départ, tout m’a toujours semblé naturel. Et on ne sait jamais ce que l’avenir nous réserve.Même si je m’épanouis à la TV, j’essaie de me préserver en me disant que tout peut s’arrêter du jour au lendemain. J’avais cette impression que je pouvais faire beaucoup mieux dans les deux domaines. Notre complicité nous permet de nous rebooster en plein direct ou de pouvoir faire une critique constructive après les courses.C’est avec cet état d’esprit qu’on progresse. Mais par moment je peux encore le choquer, c’est drôle. C’était naturel pour une enfant hyperactive comme moi d’en avoir marre de les encourager et de vouloir monter sur une selle.J’avais seulement 6 ans, et lorsque j’ai demandé à mon papa qui avait connu l’exigence de la petite reine, il n’a pas voulu. Je réalise la chance que j’ai aujourd’hui, et je me mets donc une pression supplémentaire pour être plus compétente que les autres.Je m’inspire beaucoup de certains collègues journalistes qui ont pu me donner des conseils sur des choses autres que le vélo. On s’apprend des choses mutuellement, car on ne vient pas du même milieu.
Par exemple sur le Tour de France nous n’avons pas la possibilité d’aller au départ pour parler aux coureurs, car nous commentons en intégralité et j’ai cette chance de parler avec eux par messages. J’étais tellement fan de ses maillots verts sur le Tour de France et de ses victoires sur les classiques flandriennes. J’étais encore entourée de garçons dans ce double-cursus, mais je me suis vraiment bien intégrée, certainement car je faisais autant d’efforts qu’eux et que je n’avais aucun traitement de faveur.Quand je suis devenue Championne de France espoir et élite le même jour, j’ai pu intégrer Lotto-Soudal qui est l’une des plus grosses formations mondiales.
Et maintenant, je commente le Tour ! Je suis dans un milieu où je n'aurais jamais imaginé évoluer. C’est tellement stimulant, je lui ai répondu tout de suite.L’évolution est en marche dans le cyclisme féminin avec de plus en plus d’équipes comme Trek ou Movistar qui créent leur propre section. J’ai finalement eu une discussion avec Guillaume pour me consacrer pleinement à ce métier qui me plaisait et qui me permettait de prolonger ma passion.25 ans c’est jeune pour être retraitée, mais avec 19 ans de vélo derrière moi je ne pouvais pas avoir de regrets. Je veux apporter des choses. Récemment, je suis allé déjeuner avec les responsables de la Garde Républicaine qui s'occuperont de la sécurité. Franck m’a regardé d’un air !J’essaye d’apporter ma touche personnelle à tout ce que je fais. J’ai d’ailleurs eu un coup de foudre professionnel pour Franck Ferrand. Il faudra encore plus d'argent.
Il faut être passionnée pour se lancer dans un tel défi. Que ce soit en France ou ailleurs, c’était du jamais vu.
Je laissais sans état d’âme cette pression des résultats derrière moi.Au début de cette aventure, on m’a souvent présenté comme la femme de Tony. J’avais peur de me faire lyncher par les téléspectateurs et finalement avec du recul je me dis que c’était bête de penser ça.J’ai assez galéré sur un vélo pour pouvoir en parler comme les autres consultants. Cela peut surprendre mais je n'ai jamais été attirée par la lumière.
Ils savent qu'avec moi, ce sera toujours bienveillant. Ils nous ont donné tellement de frissons lors des Championnats du Monde, cette génération dorée est capable de briller sur tous les terrains. Les directeurs sportifs aussi me parlent.Je suis parfois mal à l'aise tellement il y a de gentillesse. J’ai la chance d’évoluer avec Alexandre Pasteur qui était avec moi chez Eurosport, nous sommes très proches.