DOSTOïEVSKI F. (1864) Les carnets du sous-sol, Actes Sud, 1992. Qu’est-ce que l’univers pour nous si ce n’est ce qui est compris dans notre existence ?L’univers n’a pas de sens, il est absurde, l’homme lui donne un sens puisqu’il est créatif.Très bel article, j’ai justement fait deux interviews sur Nietzsche et sa philosophie dionysiaque, donc aussi sur sa vision de l’art, ou son “éthique esthétique” :Je trouve cet article très intéressant, pouvez vous svp donner quelques sources (ouvrages de Nietzsche) ou l’on peut retrouver cette pensée en plus détaillée ?Parler de vérité nietzschéenne est un contre-sens non ?Votre article va dans le sens inverse de la préface écrite par Nietzsche en 1886, “Essai d’autocritique” soit quelques années après la publication de “La naissance de la Tragédie” :Donc pas de métaphysique ! Selon Nietzsche, la tragédie grecque réunit les deux principes esthétiques, l’apollinisme et le dionysisme, qui divisent le monde culturel des Grecs. Grasset, 1992. L’artiste dans le sens classique n’est qu’un artisan qui travaille la matière inerte. Si la tragédie trouve son origine dans les fêtes données en l’honneur de Dionysos, dans le sacrifice rituel d’un bouc (tragos, en grec) lors des dithyrambes, elle naît justement quand la puissance dionysiaque qui s’y manifeste épouse les formes de la belle apparence apollinienne. Je n’arrive pas à concevoir que Nietzsche puisse penser l’homme comme un “maître du monde et des conséquences”, il suffit de regarder le ciel quelques minutes pour se sentir petit.. Pour échapper à cette menace du monde de l’être et de la logique et de la vérité, l’homme a inventé l’art, ce culte de l’apparence : “Nous avons l’art, dit Nietzsche, afin de ne pas mourir de la vérité ” (XVI, 248). – Contre « l’art des œuvres d’art » circonscrit à un domaine spécifique, délimité et restreint, l’Art devient, chez Nietzsche , une invention de formes harmonieuses, une production destinée à un embellissement de toute l’existence. »La passion de la connaissance, à laquelle répondent les progrès et les promesses de la « Comment naît l’art ? « Par l’ivresse, l’individu atteint l’être et l’art le révèle » dit-il. Pour Nietzsche, lhomme est la source à laquelle prend racine lunivers. « Par l’ivresse, l’individu atteint l’être et l’art le révèle » dit-il. « Le rapport de l’art et de la vérité est le premier sur lequel j’ai réfléchi. Dionysos représente au contraire la face nocturne de la culture grecque : il est le dieu de la démesure et de l’ivresse, au principe du chant et de la danse. L’apollinien qui représente l’apparence, la forme (Apollon étant le dieu des formes) et le dionysiaque qui se traduit par la dissolution de toute forme. Il est donc sujet à être dépassé par l’artiste-philosophe dans lequel la véritable œuvre d’art se réalise.Nietzsche pense que l’on peut vivre en artiste sans nécessairement créer des œuvres d’art. Certes, on peut bien penser des choses en soi à la manière de Kant mais les choses en soi n’ont rien de concret et n’ont rien de vraiment certain non plus (comment prouver que ces choses en soi existent si l’on ne peut en faire l’expérience ?
Avant de présenter et danalyser la théorie nietzschéenne de lart, donnons quelques éléments de contexte. »Parce qu’il est essentiellement production de formes belles, de belles apparences, l’art nous voile le fond tragique de la réalité et s’avère ainsi producteur d’illusions protectrices de la vie.« Si nous n’avions approuvé les arts et inventé cette sorte de culte du non-vrai, nous ne saurions du tout supporter la faculté que nous procure maintenant la science, de comprendre l’universel esprit de non- vérité et de mensonge de comprendre le délire et l’erreur en tant que conditions de l’existence connaissante et sensible. Penser qu’un seisme est une tentative de communication, que ça soit vrai ou faux, bien ou mal, n’est pas justifiable. L’ivresse étant l’aspect physiologique du phénomène artistique. Pour Nietzsche, il y a aussi une dualité dans l’art. S’il pose sur elle un voile d’illusions, ce n’est pas pour la masquer mais la faire voir sous le jour par lequel nous pouvons y adhérer sans réserves. Selon Nietzsche, la tragédie grecque réunit les deux principes esthétiques, l’apollinisme et le dionysisme, qui divisent le monde culturel des Grecs. L’univers n’a pas de nom, c’est nous qui l’appelons et le décorons d’avis. Et l’œuvre d’art n’est donc que la pointe visible de l’iceberg!