Il fallait une autorité pour éviter les troubles au Japon et les USA préférèrent, au désordre possible, un pouvoir capable de maintenir l'ordre. Depuis 1945, la puissance américaine est centrale elle est également en constante évolution et parfois ... - Hégémonie financière : leurs IDE passent de 6 milliards de dollars en 1946 à 30 en 1959. Dont la majeure partie engagée dans des combats, dans les jungles et rizières du pays, démontrant, si besoin, que la protection des bases militaires n'avait été qu'un prétexte.L'engagement politique américain remonte, lui, à beaucoup plus tôt dans le temps.Jusqu'en 1949, les États-Unis ne soutenaient pas spécialement, ni ne dénonçaient pas trop non plus, bien qu'en la réprouvant officiellement au grand dam et au grand scandale de la droite française, la guerre coloniale menée depuis 1945 par la France au Vietnam.Leur attitude changea en 1949-1950, avec la victoire de Mao et le début de la guerre de Corée. Même s'ils comptaient n'avoir à intervenir que le moins possible.Ils le savaient dès le lendemain de la première guerre mondiale, durant laquelle, au nom de la liberté d'entreprise, de la liberté de commerce, de la liberté des colonies, les États-Unis projetaient déjà les plans du monde qu'ils espéraient pouvoir réorganiser à leur convenance. Aussi cette aventure les rendait-elle encore plus prudents en ce qui concerne l'engagement de troupes terrestres et plus d'une décennie s'écoula avant qu'ils s'y résignent à nouveau au Vietnam, pris dans un engrenage dont ils ne se dégagèrent que trop tard et au prix d'une nouvelle défaite, incontestable celle-là.On ne peut tout citer des problèmes et des interventions qu'ils eurent à mener. Même s'il n'a guère plus de pouvoirs que la reine d'Angleterre, c'est quand même un symbole. Les journalistes parlèrent de samba coréenne.Une guerre atroce et terriblement inégale aussi : où, du côté chinois, des milliers d'hommes vont au combat sans tanks et sans avions, sous les rockets et le napalm, ouvrent une brèche au prix de milliers de morts, mais ne peuvent en tirer partie durablement, sous la formidable puissance de feu occidentale. Morale, un peu moins cependant depuis que les Chiites, dont on parle peu, et les Kurdes, dont on parle plus, se sont fait massacrer.Sur le plan de leur stratégie de grande puissance, ils ont enfin pu montrer au peuple américain et au monde, qu'ils pouvaient livrer et gagner une guerre totale en n'utilisant pratiquement que leur puissance maritime et surtout aérienne, et en réduisant l'intervention de leurs combattants au sol, c'est-à-dire leurs pertes.Depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, ils avaient tenté en vain de ne pas avoir à intervenir militairement, en n'utilisant que la menace d'une intervention. Il ne dura que quatre ans, mais ils ne le savaient pas encore, aussi comptèrent-ils plus que jamais, à l'époque, sur leur supériorité maritime, aérienne, technologique et atomique pour maintenir la paix américaine dans le monde.Dès la fin 1945, ils ramenèrent leurs effectifs militaires de plus de 12 millions à 1,5 millions d'hommes, répondant ainsi au désir de la population américaine d'un retour rapide à la normale. Tant qu'il n'était pas mort, il pouvait, même isolé dans une base lointaine ou un camp de jungle, recevoir par hélicoptère sa ration de cigarettes, ou son repas chaud et jusqu'aux menus de réveillon. La Corée du Nord qui avait été industrialisée pendant les 40 ans d'occupation japonaise, fut complètement rasée et son potentiel industriel détruit. 2. Et après 1946, Mao Tsé Toung, au lieu de s'y opposer au nom de l'unité nationale comme il l'avait fait dans la période précédente, s'appuya sur cette révolte.Le régime de Tchang Kaï Tchek était corrompu, vomi non seulement par la population des campagnes mais aussi par les intellectuels. Il fallait marquer un coup d'arrêt, contenir le communisme pour reprendre le jargon de la guerre froide qui battait son plein, et maintenir strictement le statu quo hérité de la guerre.Le gouvernement américain réagit immédiatement en donnant l'ordre aux forces aériennes et navales des États-Unis d'intervenir et fit appel au Conseil de Sécurité de l'ONU pour demander des sanctions contre la Corée du Nord. L'URSS met un pied, précautionneux, en Afrique. Et plutôt que de s'engager dans les guerres, ils pouvaient les faire faire par les autres : harceler les régimes qui les dérangeaient en armant des Contras au Nicaragua, finançant des mouvements nationalistes rivaux en Angola ou équipant les rebelles afghans ; ou bien mettre leur logistique d'avions radars et de ravitaillement rapide en armes au service d'Israël en 1973 pour amener à la raison l'Egypte et, à terme, lui faire réintégrer le giron américain ; ou encore, prêter leurs avions gros porteurs pour acheminer les troupes Zaïroises au Tchad où elles allaient guerroyer sous commandement français, pour contrer Khadafi.Les USA ont, certes, été rendus encore plus prudents sur le plan des interventions directes par leur faillite au Vietnam. Johnson, lors d'une visite éclair sur une base vietnamienne stupéfia les GI en leur demandant de Au Vietnam, ils n'avaient aucun intérêt économique direct ; mais leur hégémonie mondiale était à défendre, face à tous ceux, en Asie, mais aussi à l'époque en Amérique Latine ou en Afrique, si ce n'est sur le sol même des États-Unis, du côté de la communauté noire pauvre, qui osaient la contester et que l'exemple de la résistance vietnamienne aurait pu encourager. L'Allemagne venait de se rendre quand les trois premières bombes atomiques de l'histoire de l'homme furent achevées. Et aujourd'hui encore, malgré le précédent de la réunification de l'Allemagne, malgré de nouveaux pourparlers, la réunification de la Corée n'est toujours pas réalisée.Le bilan de cette guerre ? Cela allait avec leur anti-colonialisme affiché.La réalité était cependant tout autre.